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Je peux devenir l'amie que j'aimerais avoir.

  • lespetitsmotsdecar
  • il y a 8 heures
  • 4 min de lecture

Caroline Ruel

Champignons 3

Je peux devenir l'amie que j'aimerais avoir. Une amie qui fait preuve d'honnêteté, de loyauté, de bienveillance, d'acceptation, de considération...


Je peux devenir l’amie que j’aimerais avoir. Quelles sont les qualités d’un bon ami ? L’honnêteté, la loyauté, la bienveillance, l’acceptation, la considération, la fiabilité, le respect mutuel et la capacité à écouter sans juger.

 

Comment je me traite et comment je traite mes amis ? J’ai longtemps été trop exigeante envers moi-même et envers les autres. J’ai parfois été susceptible ou opportuniste. En rétablissement, j’ai entendu : « On va t’aimer jusqu’à ce que tu t’aimes toi-même. » J’ai été acceptée malgré mes travers, j’étais l’une des leurs. Ils en avaient vu d’autres.

 

Des anges sur ma route qui ne me jugeaient pas et m’aimaient sans que je n’aie rien fait de spécial. Ces personnes ont été des modèles pour moi. En m’aidant à m’accepter telle que j’étais, j’ai appris à être plus ouverte aux fragilités des autres, plus douce et plus discrète.

 

Toute vérité n’est pas bonne à dire. Il y a peut-être une façon et un moment pour le dire et parfois, il est préférable que la personne le réalise par elle-même. Je pensais que si je ne disais pas tout ce que je pensais à mes amis, j’étais malhonnête. Je dois me demander si mon commentaire va aider l’autre personne ou lui nuire et éviter de donner mon avis si on ne me l’a pas demandé.

 

J’ai déjà dit à quelqu’un qui vivait une situation difficile et qui exprimait son envie de déménager dans une autre ville qu’une personne atteinte de cancer n’est pas guérie parce qu’elle change de lit ! Bien sûr, la fuite géographique n’est pas une solution, mais cette image peut être choquante pour une personne déjà fragile. J’ai perdu plusieurs amies à cause de mes maladresses.

 

J’ai tout de même bâti des amitiés solides qui ont survécu à mes excès de franchise. J’ai encore une amie d’enfance que j’ai rencontrée à l’âge de huit ans, et une autre à l’âge de douze ans. Aujourd’hui, elles habitent loin. On ne se voit pas souvent, on s’appelle de temps en temps. Quand on se parle, on a l’impression de s’être parlé la veille et que rien n’a changé entre nous. Ce n’est pas compliqué, pas de sous-entendu, de devinette, de peur de décevoir, de marcher sur des œufs, de toucher la susceptibilité de l’autre. C’est simple, léger et facile.

 

J’essaie d’appliquer ces trois petits mots à la relation que j’entretiens avec moi-même. Je relis actuellement un livre sur la méditation, Entrer en amitié avec soi-même, de Pema Chödrön. Elle me rappelle que je suis déjà une bonne personne. Je ne pratique pas de la méditation pour devenir une meilleure personne, en rejetant celle que je suis, avec quelques défauts qui me collent à la peau.

 

Je peux m’accepter et entrer en amitié avec moi-même, tout simplement comme je le fais avec mes amies, avec qui c’est facile. Et le miracle, c’est que je me sens ensuite plus légère et ouverte pour accueillir les autres tels qu’ils sont, même les plus compliqués, ceux qui me font ch…eminer. Moins je suis portée à juger, plus il me semble facile d’aimer.


Caro


Pour aller un peu plus loin...



Quand les gens commencent à méditer ou à pratiquer une discipline spirituelle, ils pensent souvent qu’ils vont s’améliorer d’une façon ou d’une autre. Cette attitude représente une sorte d’agression subtile contre ce qu’ils sont réellement. C’est un peu comme dire : « Si je fais du jogging, je serai quelqu’un de bien mieux », « Si seulement je pouvais avoir une plus belle maison, je serais quelqu’un de bien mieux », « Si je pouvais méditer et m’apaiser, je serais une meilleure personne. » Ou bien le scénario peut consister à critiquer les autres ; on pourrait dire : « Mis à part mon mari, mon mariage serait parfait », « La mésentente entre mon patron et moi mise à part, mon boulot serait tout bonnement formidable. » Et pourquoi pas : « Mis à part mon esprit, ma méditation serait excellente. »…


…Il ne s’agit pas d’essayer de nous changer. La pratique de la méditation n’a pas pour but de nous rejeter nous-même et de devenir meilleur. Son objet est de nous lier d’amitié avec la personne que nous sommes déjà. La pratique se fonde sur vous, moi, qui que nous soyons, maintenant, exactement tel que nous sommes. C’est cela la base, c’est cela que nous étudions, c’est cela que nous sommes amené à connaître avec une curiosité et un intérêt prodigieux…


…imaginez qu’à la fin de chaque journée quelqu’un vous passe un enregistrement vidéo de vous-même et que vous pouvez le voir intégralement. Il se peut que vous grimaciez assez souvent en faisant : « Pouah ! » Vous verriez probablement que nous faites vous-même toutes ces choses pour lesquelles vous critiquez tous ceux qui vous agacent dans la vie, tous ceux sur lesquels vous portez des jugements. Fondamentalement, entrer en amitié avec soi-même, c’est aussi entrer en amitié avec tous ces gens-là, parce que si vous parvenez à avoir envers vous-même cette sorte d’honnêteté, de douceur et de bonté et à rester clair face à vous-même, ce sentiment de bienveillance peut s’étendre aux autres sans obstacle.


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