Qui se juge plein de vertus se paralyse.
- lespetitsmotsdecar
- il y a 3 jours
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Paulo Coelho

Qui se juge plein de vertus se paralyse. Mais qui se juge plein de culpabilité se paralyse aussi. Le perfectionnisme est un frein à notre croissance. Cependant, on peut changer.
Il y a eu des périodes dans ma vie où je pensais être meilleure que les autres. Cela me demandait beaucoup d'efforts pour maintenir mes standards et conserver cette image de moi-même. Lorsque j'ai pris conscience de mon côté sombre et de l'impact négatif de mon comportement, j'ai commencé à douter de moi.
Depuis, j’ai appris que l’humilité consiste à s’accepter telle que l’on est, avec ses qualités et ses défauts, tout en étant disposée à changer pour le mieux.
Le perfectionnisme paralyse, tout comme la critique. J’ai beaucoup aimé le film Cruising Bar, dans lequel Michel Côté joue le rôle de quatre hommes très différents qui sortent dans des bars pour draguer. Il y a Jean-Jacques, le riche snob, dit « le paon ». Il se croit supérieur aux autres et cherche la femme parfaite, mais ne peut la trouver parce qu’elle n’existe pas. Il y a Serge, le dernier des perdants, dit le ver de terre. Il n’ose rien, ne sait pas se fixer de limites et ne rencontre personne.
Quand on prend la vie de haut, on risque de se retrouver à manger du pain sec, et ce, malgré tous les efforts que l'on pourrait déployer. Cependant, si l'on pense ne pas mériter quelque chose, on risque de saboter les occasions qui se présentent. Cela peut s'appliquer à la recherche d'un emploi, d'un partenaire ou dans notre rapport à l'argent.
Quand ma fille a eu seize ans, je l’ai incitée à trouver un travail d’été. Il n’était pas question pour elle de travailler comme caissière, serveuse ou dans un camp de jour. Elle voulait un travail à sa mesure. Quelques années plus tard, elle était moins difficile pour pouvoir payer son appartement. Cependant, malgré son diplôme, elle avait du mal à trouver sa place sur le marché du travail et à se mettre en valeur lors des entretiens d'embauche.
Après une période de travail sur elle-même et avec le soutien d'une conseillère en emploi, elle a pu déconstruire sa relation au travail, reconnaître ses forces et regarder avec honnêteté ce qu'elle pouvait améliorer. Elle en est ressortie plus confiante. Elle a trouvé la serrure qui correspondait à l'une des clés de son trousseau. Elle est heureuse dans le travail qu’elle exerce aujourd’hui.
« Chaque jour, Dieu nous donne, avec le soleil, un moment où il est possible de changer tout ce qui nous rend malheureux… Mais l'être qui fait attention au jour qu'il est en train de vivre découvre l'instant magique… Je me souviens de mon instant magique, de ce moment où un " oui " ou un " non " peut changer toute notre existence. »
Tiré du livre de Paulo Coelho, Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j’ai pleuré.
Nous ne sommes pas condamnés à rester sur nos positions. Rien n'est permanent. Nous pouvons changer !
Caro
Pour aller un peu plus loin...
Vous savez ce qui est ironique ? J’ai réécrit l’introduction de cet article quatre fois. Quatre fois. Parce qu’elle ne me semblait « pas assez bien ». Et puis je me suis arrêté net en réalisant que j’étais exactement en train de vivre ce dont je voulais vous parler : le perfectionnisme.
Cette petite voix insidieuse qui nous dit que ce n’est jamais assez. Que nous devons encore améliorer, encore peaufiner, encore attendre d’être « prêt » avant de montrer notre travail au monde. Cette voix qui, sous couvert de nous pousser à l’excellence, nous paralyse plus qu’elle ne nous fait avancer.
Alors j’ai pris une grande inspiration et je me suis dit : « Tu sais quoi ? Cette intro fera l’affaire. Elle n’est pas parfaite, mais elle est authentique. Et au final, c’est exactement le message que je veux faire passer. » 💡
Bienvenue dans cet article sur les dangers du perfectionnisme. Accrochez-vous, parce qu’on va déconstruire ensemble cette croyance toxique qui nous fait croire que « bien » n’est jamais suffisant.
Qu’est-ce que le perfectionnisme vraiment ?
Commençons par clarifier quelque chose d’important : le perfectionnisme n’est pas la même chose que l’excellence. L’excellence, c’est vouloir faire du bon travail, s’améliorer continuellement, avoir des standards élevés. C’est sain. C’est motivant. Et c’est ce qui nous fait progresser.
Le perfectionnisme, lui, c’est tout autre chose. C’est cette croyance profonde que notre valeur en tant que personne, dépend de notre performance. Que nous ne sommes aimables, acceptables, dignes que si nous sommes parfaits. C’est cette peur viscérale de l’échec, de l’erreur, du jugement.
Et le piège, c’est que le perfectionnisme se déguise souvent en vertu. « Je suis juste exigeant avec moi-même », « J’ai des standards élevés », « Je veux faire du bon travail ». Ça sonne noble, non ? Sauf que, derrière ces phrases se cache souvent une anxiété chronique et une autocritique brutale.
Brené Brown, chercheuse sur la vulnérabilité et la honte, définit le perfectionnisme comme « un bouclier de 20 tonnes que nous portons pour nous protéger de la douleur, mais qui nous empêche également d’être vus ». Cette définition me parle tellement. Le perfectionnisme n’est pas un moyen d’avancer, c’est un mécanisme de défense. 🛡️
Les visages multiples du perfectionnisme
Dans mon accompagnement de personnes en reconversion ou en développement personnel, j’ai observé que le perfectionnisme prend différentes formes. Le reconnaître est la première étape pour s’en libérer.
Le perfectionnisme paralysant
C’est celui qui vous empêche de commencer. Vous avez un projet en tête depuis des mois, voire des années, mais vous ne passez jamais à l’action parce que « ce n’est pas encore le bon moment », « je ne suis pas assez prêt », « j’ai besoin de suivre encore une formation avant ».
Cette personne accumule les livres, les cours en ligne, les formations, mais ne lance jamais rien. Parce qu’au fond, tant qu’on ne commence pas, on ne peut pas échouer. Le perfectionnisme devient alors une forme sophistiquée de procrastination.
Le perfectionnisme épuisant
C’est celui qui vous fait passer des heures sur des détails qui n’en valent pas la peine. Vous réécrivez 15 fois un email. Vous refaites votre présentation pour la dixième fois. Et vous peaufinez encore et encore quelque chose qui était déjà très bien au troisième essai.
Ce type de perfectionnisme épuise votre énergie sur des micro-optimisations au lieu de vous permettre d’avancer sur ce qui compte vraiment. Et au passage, il vous vole votre temps et votre joie.
Le perfectionnisme auto-sabotant
Celui-là est particulièrement sournois. C’est quand vous êtes tellement obsédé par l’idée d’être parfait que vous sabotez inconsciemment vos propres efforts. Vous remettez un projet au dernier moment pour avoir l’excuse « je n’ai pas eu assez de temps » si ça ne marche pas. Vous mettez la barre tellement haute que l’échec devient inévitable.
Ce perfectionnisme préfère l’échec auto-infligé au risque de donner son maximum et de découvrir que son maximum n’était pas suffisant. C’est douloureux, mais c’est une réalité pour beaucoup de gens. 😔
Le perfectionnisme compétitif
C’est celui qui ne peut pas supporter que quelqu’un fasse mieux. Qui compare constamment sa performance à celle des autres. Qui vit le succès d’autrui comme un échec personnel. Ce perfectionnisme empoisonne les relations et transforme chaque interaction en compétition.
Nous avons du mal à renoncer. Lâcher le radeau, c’est lâcher un morceau de vie, un morceau de soi, parfois risquer de perdre certaines relations.
Eh ! oui, un certain nombre de renoncements sont nécessaires pour grandir.
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