Je ralentis pour ne plus me vider.
- lespetitsmotsdecar
- il y a 1 jour
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Régis Carlo

Je ralentis pour ne plus me vider. Je grandis pour ne plus m'éviter. Ces paroles de Régis Carlo m'ont touchée droit au cœur.
Je dis souvent qu’on ne peut changer que ce que l’on voit. Si je vis ma vie à toute allure, je ne verrai rien et je m’épuiserai. Regis Carlo a écrit : « Je ralentis pour ne plus me vider. » Je ralentis pour arrêter de m’étourdir et pouvoir voir mes blessures afin de les panser.
Il ajoute : « Je grandis pour ne plus m’éviter. » Quand je m’échappe dans mes compulsions, je stagne émotionnellement. Une compulsion ne vient jamais seule ; je peux me réfugier d’une à l’autre et oublier de vivre.
Comme l’explique le Dr Sadder dans le vodcast Soberlab d’Éliane Gagnon, les différentes compulsions sont comme les différents côtés d’une même boîte. Pour grandir, je dois accepter d’ouvrir la boîte et de plonger au cœur de moi-même, à la rencontre de ma vulnérabilité.
Au lieu de chercher le bonheur à l’extérieur de moi, je me découvre et j’accède à mon monde intérieur. Grandir, ce n’est pas tant devenir une meilleure personne que d’être davantage moi-même, de me sentir entière. Dans l’une de ses méditations du parcours La Force de la Gratitude, Deepak Chopra dit : « Si vous êtes complet, la grâce vous remplira comme l’eau remplit une cruche sans trou, ni perte. »
Je peux soigner mes plaies comme on restaure un vase en en colmatant ses fissures. Ainsi, l’amour que je donne et que je reçois ne se perd pas comme dans une passoire.
Malgré tout, les cicatrices qu’elles ont laissées m’ont enrichie. L’école de la vie m’a apporté plus de compassion et de paix. J’apprécie au jour le jour cette sérénité lumineuse. Je vis selon mes valeurs et j’affronte les défis qui se présentent à moi.
Le « kintsugi » est un art japonais qui consiste à réparer les vases ébréchés en recouvrant les fissures de poudre d’or, d’argent ou de platine mélangée à de la colle. La pensée « kintsugi » est une métaphore de la résilience.
Je crois que je peux transformer mes zones d’ombre en compost, à condition d’arrêter de les balayer sous le tapis. Elles m’aident à faire preuve de plus d’humilité et de plus de compassion envers les personnes qui éprouvent des difficultés. Mon parcours peut inspirer ces personnes et leur donner l’espoir qu’elles sont également capables de surmonter leurs épreuves.
Je peux m’accepter telle que je suis, colmater les brèches et conserver mon énergie grâce à la gratitude. Il y a quelques mois, l’une de mes amies a reçu un diagnostic de cancer. Elle a subi un choc et son monde s’est fissuré. J’ai été témoin de son cheminement à travers les différentes étapes du deuil : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation.
Depuis quelques jours, , elle écrit chaque matin comme un mantra : « Je choisis d’être heureuse et de voir le beau. » Elle a appris à s’autoriser à recevoir l’amour des autres et à se montrer plus ouverte à l’amitié.
La maladie nous met parfois à genoux. Il y a des actions à poser pour se soigner, pour surmonter la maladie. Il est aussi important d’apprivoiser le sentiment d’impuissance face au pouvoir que l’on perd. On peut constater et accepter les pertes pour pouvoir se tourner vers ce que l’on peut changer. Cela nous aide à voir les cadeaux mal emballés que l’on reçoit. Le cadeau de ralentir, de se rencontrer, de revenir à l’essentiel, à l’amour.
Caro
Pour aller un peu plus loin...
Le sentiment de vide: ce qu’il révèle sur nous (et comment le gérer)
Dans mon bureau, plusieurs personnes évoquent ce qu’elles appellent un sentiment de vide intérieur – et rarement en termes positifs. Inconfortable et souvent perçu comme menaçant, ce sentiment peut susciter une angoisse. Et bien souvent, la stratégie pour fuir ce vide est la même: remplir chaque minute, voire chaque fraction de seconde de nos journées pour le combler.
S’étourdir pour ne plus ressentir
En effet, toutes les raisons, toutes les distractions ou puissantes diversions semblent bonnes pour éviter de ressentir ce vide, de se retrouver seul, face à soi-même. Ce sentiment de vide – ou plutôt notre perception de celui-ci – nous pousse sans cesse à vouloir le combler, et pas toujours de la meilleure façon. Magasinage compulsif, agenda débordant de cours, de voyages, de sorties culturelles ou d’une enfilade d’activités diverses, voire une consommation excessive de nourriture, d’alcool ou de drogues... En somme, on s’étourdit pour ne plus ressentir.
D’où vient ce sentiment de vide?
Dans une société où la performance est érigée en valeur suprême, s’agiter sans relâche peut devenir non seulement une façon d’éviter de faire face à nous-mêmes, mais aussi une source de fierté: je suis débordé, donc je suis. D’autant que nous accordons une grande importance au regard des autres. À tel point que nos choix semblent parfois davantage guidés par leur jugement que par nos réels besoins. Certaines personnes évitent donc à tout prix le confort du samedi solitaire ou du farniente tranquille. C’est peut-être pourquoi aussi certains laissent la télévision allumée sans même la regarder: pour étouffer le silence ou la solitude de notre logis. Mais ce vide se trouve-t-il vraiment dans notre salon? Ne se logerait-il pas, plus subtilement encore, en nous-mêmes?
En réalité, ce que nous nommons «vide intérieur» prend surtout racine dans notre esprit. Et il est tout à fait possible de le remplir autrement, de manière plus consciente, constructive... et bienveillante.
Une leçon de la pandémie
D’ailleurs, l’expérience collective de la pandémie de COVID-19 nous en a offert une démonstration saisissante. Du jour au lendemain, nos existences frénétiques ont été mises sur pause.
Or, pour beaucoup de gens, cette immobilité forcée a été une révélation: une rare occasion d’enfin réfléchir, de ressentir, de remettre en question certains de leurs choix. Certaines personnes sont en effet sorties transformées de cette période. Elles ont découvert, pour la première fois, tous les bienfaits potentiels de ralentir le rythme, de s’arrêter. Au lieu d’être source d’angoisse ou de culpabilité, «ne rien faire» pour ces personnes est alors devenu une opportunité inédite: celle de méditer, de contempler, de réfléchir, de simplement être.
Évidemment, pour ceux qui tirent la majeure partie de leur valeur personnelle d’un horaire (sur)chargé, ces temps morts ont pu ressembler à une perte de temps monumentale. Mais faut-il vraiment se sentir coupable lorsque l’on reste chez soi, que l’on ralentit pour mieux savourer le moment présent? Cet instant où l’on peut se poser, bien qu’angoissant pour certains, peut se révéler salutaire: il permet de reprendre contact avec soi-même, avec nos désirs, avec le sens que l’on veut donner à sa vie.
Repenser le vide
Dans une société qui valorise l’agitation et l’occupation effrénée, ralentir la cadence peut ressembler à un saut dans le vide justement, et créer un profond inconfort. C’est que le vertige ressenti face à un moment d’arrêt peut nous confronter à la manière dont on se perçoit soi-même. Si notre estime personnelle repose uniquement sur notre productivité, que reste-t-il alors de nous lorsque nous prenons une pause?
Il est alors souvent utile de s’interroger: à quoi sert cette agitation? Que cherche-t-elle à masquer? Et de quoi d’autre pourrais-je avoir réellement envie?
Cela dit, soyons honnêtes: il est souvent plus facile de contrôler et de gérer nos activités extérieures que notre monde intérieur. Et pourtant, le véritable pouvoir réside là: dans la capacité à habiter ce silence, sans le fuir. En somme, de percevoir autrement ce «sentiment de vide», et même d’en faire un allié en choisissant des façons plus apaisantes et enrichissantes de l’habiter. D’en faire un précieux espace pour se déposer, pour prendre conscience de divers éléments de sa vie, pour réfléchir à soi ainsi qu’à son avenir.
Le temps d’arrêt, comme un espace des possibles
Finalement, pourquoi devrions-nous qualifier de «vide» un moment de calme? Pourquoi ne pas le voir comme un moment de plénitude? Le temps et l’espace, qui ne sont pas envahis par les choses externes, laissent place à ce qui se passe en dedans de nous. Temps d’arrêt, pause bienvenue, espace des ressentis: la société nous les offre rarement spontanément. C’est donc à nous de les créer, de les habiter pleinement, et d’en faire des occasions pour réfléchir, pour penser, pour ressentir: voilà des moments que l’on croyait vides, mais qui, en réalité, sont pleins de sens... et fort bien remplis!



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