Le premier ennemi à combattre est à l’intérieur de soi.
- lespetitsmotsdecar
- 28 déc. 2025
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Christine Orban

Le premier ennemi à combattre est à l’intérieur de soi. Souvent, c’est le seul. Pourtant, notre première réaction est de le chercher à l'extérieur.
Nous avons tendance à chercher la source de notre malheur à l’extérieur de nous. Cette citation nous rappelle que le premier ennemi à combattre est à l’intérieur de soi.
Dans ma bibliothèque, il y a un livre que j’ai commencé il y a une vingtaine d’années et que je n’ai pas encore terminé, mais je sais que je le ferai un jour. Il s’agit de Victime des autres, bourreau de soi-même de Guy Corneau J’ai longtemps été mon pire bourreau. J’ai parfois été exigeante envers les autres, mais encore plus envers moi-même.
J’ai été victime des illusions de mon mental, que j’appelle aussi mon hamster, mon coloc intérieur, mon ego. Il me projette dans le futur en me faisant miroiter un bien-être que je pourrais atteindre une fois telle chose acquise ou tel objectif atteint.
Nous nous accrochons à ces illusions. Un jour, j’ai entendu quelqu’un expliquer que les chansons d’amour abordaient trois thèmes : l’amour désiré, l’amour qui manque et l’amour qui n’est plus. Il aborde rarement l’amour mature, celui que l’on nourrit jour après jour. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’apprécie Yves Duteil qui chante le bonheur d’aimer sa femme depuis maintenant cinquante ans.
Mais l’amour impossible est plus populaire. Tout comme la quête d’un bonheur parfait et inatteignable. On pense qu’il nous faut ceci ou cela pour être heureux, on se plaint que le monde entier est contre nous. On pense que la vie devrait être facile et qu’elle le serait, si l’on savait s’y prendre. Si seulement on savait faire plus, faire mieux.
Ce n’est pas tant ce que je fais, mais l’attitude que j’ai face à un problème qui impacte mon ressenti. On présente souvent l’image du verre à moitié vide ou à moitié plein. Et si je prenais un plus petit verre pour y verser le contenu du premier, il serait plein ! Dernièrement, Jean-Marie Lapointe écrivait : « Vous ne voulez pas être déçu ? N’ayez pas d’attentes. Vous n’aurez que des surprises. »
Certaines personnes se sentent plus vivantes quand il y a du drame dans leur vie, et puis, ça fait des choses à raconter. Très peu pour moi, merci ! J’ai passé une partie de ma vie à me battre pour que le monde qui m’entoure corresponde à mes croyances, c’est épuisant.
J’ai également passé plusieurs années à combattre l’ennemi en moi, à me forcer pour grandir et devenir une meilleure personne. J’ai beaucoup appris, j’ai fait des pas dans différentes directions sans être rendue plus loin pour autant. J’ai fini par comprendre que le chemin le plus long à parcourir était celui entre ma tête et mon cœur. Je n’ai nulle part où aller, personne à combattre. Je n’ai qu’à faire confiance, laisser tomber mes masques et accueillir ma vulnérabilité.
Je contribue à mon échelle, je sais que faire ma part peut parfois faire la différence dans la vie de quelqu’un. Cependant, je laisse désormais l’univers gérer le monde et j’en profite pour observer le spectacle.
Caro
Pour aller un peu plus loin...
Dernièrement, j’ai terminé le livre de Dan Millman, Le guerrier pacifique. Je trouve parfois que les contes philosophiques racontent un peu la même chose, mais comme je suis une personne persévérante, j’ai continué la lecture et j’ai noté quelques passages intéressants que je vous partage ici.
« Si tu n’obtiens pas ce que tu désires, tu souffres; si tu obtiens ce que tu ne désires pas, tu souffres; et même lorsque tu obtiens exactement ce que tu veux, tu souffres encore parce que tu ne peux pas le garder éternellement. » p. 74
« Le ‘mental’ est une excroissance illusoire des processus cérébraux fondamentaux. Il ressemble à une tumeur. Il comprend toutes les pensées aléatoires et incontrôlées qui, surgies du subconscient, font surface dans notre conscient comme des bulles. La conscience n’est pas le mental; l’attention n’est pas le mental. Le mental est une obstruction, une aggravation. Il s’agit d’une sorte d’erreur dans l’évolution de l’être humain, une faiblesse de base de l’expérience humaine. Pour moi, le mental n’est d’aucune utilité. » p. 75
« Les pensées naissent lorsque l’esprit s’oppose à la vie. S’il se produit un événement contredisant une croyance, l’agitation apparaît. La pensée constitue une réaction inconsciente à la vie. » p. 100
« Mon esprit est semblable à une mare sans rides. Le tien, en revanche, est agité de vagues, parce que tu te sens séparé d’un événement imprévu et inopportun ou menacé par lui. Ton esprit évoque un étang dans lequel quelqu’un vient de lancer un caillou. » p.101
« Tu seras libéré de l’agitation du monde dès que tu auras calmé tes pensées. » p.102
« Parce que la mort est ta plus grande peur et la survie ton besoin le plus profond. Tu aspires à l’Éternité. Par cette croyance illusoire que tu es cet ‘esprit’, ce ‘mental’ ou cette ‘âme’, tu rajoutes une clause de fuite à ton contrat de mortel. En tant que ‘mental’ tu pourras peut-être t’envoler hors de ton corps lorsqu’il mourra. » p. 113
Un étudiant de zen demanda à son roshi quel était l’élément le plus important du zen. Le roshi lui répondit : « L’attention. » « Oui, merci, répondit l’étudiant. Mais pouvez-vous me dire quel est le second élément le plus important ? » Et le roshi répondit : « L’attention. » p.114
« La méditation est l’action de l’inaction; …tu apprendras à méditer chacune de tes actions. Mais au début, méditer assis sert de cérémonie, c’est un moment spécial que l’on se réserve pour intensifier la pratique. Il faut que tu deviennes maître de ce rituel avant de pouvoir l’élargir correctement à toute la vie quotidienne. » p. 116
« Lorsque ton esprit crée un problème, lorsqu’il résiste à la vie telle qu’elle se présente dans l’instant, ton corps se crispe et ressent cette tension comme une ‘émotion’, interprétée selon le cas par les mots ‘peur’, ‘tristesse’ ou ‘colère’. La vraie émotion, c’est de l’énergie pure qui circule librement dans le corps. » p. 143
« Les émotions constituent une aptitude normale de l’homme, un mode d’expression. Parfois, il est approprié d’exprimer la peur, la tristesse ou la colère – mais l’énergie devrait être dirigée totalement vers l’extérieur et non pas retenue. L’expression d’émotions devrait être totale et puissante, puis disparaître ensuite sans laisser de traces. Contrôler tes émotions consiste donc à les laisser s’exprimer et à les laisser se dissiper. » p. 144
« Sur le chemin que tu as choisi, il n’y a ni louange, ni blâme. Les louanges et les blâmes sont des formes de manipulation dont tu n’as plus besoin. » p.165
« La mort n’est pas triste; ce qui est triste, c’est que les gens ne vivent pas vraiment. » p.176
« Je vis que je n’avais jamais appris à jouir de la vie. Je ne savais qu’accomplir. Durant toute mon existence, je m’étais appliqué à rechercher le bonheur, mais sans jamais le trouver. » p.207
Bonheur = Satisfaction
Désirs
« Si tu as assez d’argent pour satisfaire tes désirs, tu es riche. Mais il y a deux manières d’être riche : tu peux gagner, hériter, emprunter, mendier ou voler assez d’argent pour assouvir des désirs coûteux, ou bien tu peux vivre une vie simple avec peu de désirs. De cette manière, tu as toujours plus d’argent qu’il ne t’en faut. » p. 215
« Le bonheur est le seul pouvoir qui compte. Et tu ne peux pas atteindre le bonheur; c’est lui qui t’atteint – mais seulement quand tu as renoncé à tout le reste. » p. 238
« L’illumination n’est pas quelque chose que l’on atteint, c’est une réalisation. Et lorsque tu te réveilles, tout change et rien ne change. Si un aveugle se rend soudain compte qu’il peut voir, le monde a-t-il changé ? » p. 246



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