La Gratitude est comme une lampe torche qu'on dirige vers le meilleur de la vie en laissant le reste tapi dans l'ombre.
- lespetitsmotsdecar
- 5 janv. 2025
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Claire Burel

La Gratitude est comme une lampe torche qu'on dirige vers le meilleur de la vie en laissant le reste tapi dans l'ombre. Elle me permet de nourrir le loup gentil en moi.
Cela faisait longtemps que j’avais abordé le thème de la gratitude dans un texte. En cherchant une anecdote pour illustrer la citation, un vieux souvenir est revenu.
Au début de mon secondaire, mes parents éprouvaient des difficultés financières qui créaient des conflits entre eux. J’en étais profondément attristée. Je garde l’image d’un soir au retour de l’école, la tête appuyée sur la fenêtre de l’autobus, je pleurais doucement. Rien de dramatique, mais je me sentais impuissante et mélancolique comme la grisaille du ciel. Je portais des lunettes noires.
L’été suivant, je suis allée passer une semaine chez ma cousine. Je m’y suis rendue en autobus voyageur. J’avais treize ans. La jeune femme à mes côtés était volubile et sympathique. J’étais encore un peu timide à cette époque, mais j’aimais bien notre conversation. Je me souviens qu’elle m’avait expliqué qu’on devait déjeuner comme un roi, dîner comme un prince et souper comme un valet.
Elle m’avait aussi parlé de son frère qui voyait la vie avec des lunettes noires. À l’inverse, elle avait choisi de regarder la vie avec des lunettes roses, de focaliser sur ce qui allait bien et sur ce qui était beau autour d’elle. J’ai compris que j’avais le choix de pouvoir me centrer sur les beaux moments de mon existence.
La Gratitude est comme une lampe torche qu’on dirige vers le meilleur de la vie en laissant le reste tapi dans l’ombre ! Cela ne veut pas dire de nier la réalité de ce que j’ai besoin de changer ou rester dans une situation qui est désagréable pour moi, mais de me nourrir du côté lumineux de ma vie.
Dans une de ses méditations sur la Force cosmique de la gratitude, Deepak Chopra utilise aussi l’analogie de la lampe de poche.
« Sur notre chemin, la gratitude est comme une lampe de poche dans une forêt sombre. Peu importe si la nuit s’étend sur des kilomètres dans toutes les directions. Ce qui compte, c’est que vous voyiez le prochain pas à faire devant vous. Vous pouvez commencer ce chemin à partir de là où vous vous trouvez. Nous sommes tous en mesure de dire : Oui, cette situation est difficile, mais j’éprouve de la gratitude car j’ai un moi supérieur qui peut trouver une solution. Ceci confirme que vous êtes guidé par une lumière à l’intérieur de vous. »
Comme dans le conte amérindien des deux loups en nous, la gratitude me permet de nourrir le loup gentil en moi et de le faire grandir. Je ne peux vivre de la gratitude et du ressentiment en même temps. En cultivant la gratitude, j’arrose les fleurs plutôt que les mauvaises herbes.
Caro
Pour aller un peu plus loin...
Cette histoire se déroule il y a très longtemps. En ce temps-là, les loups vivaient nombreux. C’était l’hiver, dans le Grand Nord et dans cette région, ils étaient respectés. Un soir, un vieux sage amérindien et son petit-fils discutaient devant le feu.
« Grand-père, il y a un terrible combat dans mon cœur, avoua le garçon. Deux loups vivent en moi et s’affrontent. Le premier est bon, il vit en harmonie avec les autres loups. Il est rempli de joie, de confiance, de compassion et d’amour. Il ne veut de mal à personne. Il ne se bat que lorsque c’est juste et absolument nécessaire.
— Et l’autre loup ? demanda le grand-père. Comment est-il ?
— C’est un loup peureux, envieux et agressif. Il est rempli de ressentiments et d’orgueil. La moindre contrariété le pousse dans un état de rage et il attaque sans raison. Sa colère et sa haine sont si fortes qu’il est toujours en guerre contre tous.
— Ces deux loups se battent pour dominer ton esprit, dit le vieil homme. Mais tu n’es pas seul, mon enfant. Ce terrible combat a lieu en chacun de nous.
— Lequel de ces loups va gagner, grand-père ?
— Celui que tu choisiras de nourrir, mon garçon. »
***
Ces deux loups habitent en chacun de nous, comme disait le vieux sage à l’enfant. Un moment, nous pouvons être patients, compatissants, ouverts et joyeux. L’autre d’après, ressentir la colère, l’envie, l’avidité ou la peur.
Comment ces loups qui logent dans notre esprit se nourrissent-ils ?
Ils s’alimentent de nos pensées, de nos intentions, de nos paroles, de nos actions. Ils se nourrissent aussi de ce que nous consommons comme informations, lectures, divertissements, etc.
Quand, par exemple, nous naviguons inconsciemment sur les réseaux sociaux, le loup de l’envie ou du jugement peut devenir très puissant et prendre le contrôle de notre esprit.
De la même manière, si nous prenons les dispositions nécessaires pour « s’alimenter » de compréhension, de compassion, de bienveillance et de douceur, nous donnons des forces au loup de la confiance. Notre état d’esprit en bénéficie et notre vie, aussi.
En ce sens, cette histoire des deux loups nous invite à vivre plus consciemment. S’exercer à vivre en pleine présence bienveillante n’est pas chose facile. Il faut faire preuve de patience, de persévérance et de courage.
Mais au bout d’un moment, on devient plus habile à observer à notre esprit. On repère plus rapidement la négativité, en nous et autour de nous.
Grâce à cette attention vigilante, le loup de la négativité s’affaiblit.
Peu à peu, la confiance, le discernement, le calme et la paix intérieure prennent des forces en nous-mêmes. C’est là le début d’une réelle transformation dans toutes les sphères de notre vie.



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