Mais recevoir est aussi un acte d’amour
- lespetitsmotsdecar
- il y a 13 heures
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Paulo Coelho

Pour la plupart des gens, la générosité consiste seulement à donner. Mais recevoir est aussi un acte d’amour. Permettre à l’autre de nous rendre heureux, cela le rendra heureux aussi.
Cet été, j’ai eu la chance de voyager dans les Rocheuses de l’ouest canadien avec mon mari. Nous avons été subjugués par la forêt spectaculaire de Cathedral Grove, dans le parc MacMillan, sur l’île de Vancouver. On y trouve des sapins de Douglas géants et des thuyas vieux de plus de huit cents ans.
Les troncs sont tapissés de lichens et, au sol, les racines s’entrelacent pour relier les arbres entre eux. Je me sentais minuscule, tout en étant en harmonie avec la nature, faisant partie d’un tout et reliée au monde. C’est une expérience mystique que je peux revivre en prenant le temps de marcher dans les belles forêts du Québec. Quand j’étais enfant, il y avait une petite forêt derrière chez moi et je pouvais y passer des heures. J’éprouve toujours le besoin de me ressourcer en me connectant à la nature plusieurs fois par semaine. C’est aussi essentiel pour moi qu’entrer en relation avec les autres êtres humains.
Dans son livre La grâce de l’imperfection, Brené Brown écrit : « Je définis la connexion comme étant l’énergie qui existe entre deux personnes lorsqu’elles se sentent vues, entendues et valorisées ; quand elles peuvent donner et recevoir sans jugement ; et quand elles tirent substance et force de cette relation même. »
Je vis ce type de relation avec quelques membres de ma famille et des amies que j’ai choisies. Des personnes avec qui je me sens vue, entendue et valorisée. Des personnes que je vois, que j’entends et que je valorise à mon tour. Une personne peut me vénérer, si je ne l’estime pas, le courant ne passera pas. L’inverse est vrai aussi.
Plus je grandis émotionnellement, plus je retire mes masques et plus j’accepte d’être vulnérable, plus mes relations s’approfondissent. Pour cela, il est important que je donne, mais aussi que je reçoive. Brené Brown poursuit : « Tant qu’on ne peut pas recevoir avec un cœur ouvert, on ne peut jamais réellement donner avec un cœur ouvert. Quand on porte un jugement sur le fait de recevoir de l’aide, on porte un jugement, conscient ou non, sur le fait de donner de l’aide. »
J’avais une voisine avec qui je m’entendais bien. Nous soupions parfois ensemble et nous passions de bons moments. Elle était généreuse et elle arrivait toujours avec un petit cadeau. Lorsque j’en apportais un, elle en avait toujours un en réserve. Elle était incapable de recevoir sans se sentir redevable.
Cependant, la réciprocité est essentielle dans une relation. Il faut également alterner des positions d’influence. Si je suis la seule à nourrir la relation, une partie de l’énergie que j’y consacre est perdue et je finis par éprouver du ressentiment. Si je refuse de recevoir, l’autre personne peut se sentir mal à l’aise et se sentir indigne de donner. Dans tous les cas, elle ne se sent pas vue, entendue et valorisée.
Dans son livre Le manuscrit retrouvé, Paulo Coelho a écrit : « Pour la plupart des gens, la générosité consiste seulement à donner. Mais recevoir est aussi un acte d’amour. Permettre à l’autre de nous rendre heureux, cela le rendra heureux aussi. »
Lors de mes cinquante ans, mon mari a organisé un souper au restaurant avec nos familles et nos amis. Alors que je racontais cette soirée à un groupe d’amies, l’une d’entre elles a dit qu’elle avait prévenu sa fille de ne pas faire de même pour elle. Elle a ajouté qu’elle se sentirait gênée de déranger les gens, et encore plus s’ils lui offraient un cadeau. Je lui ai demandé si elle aimait fêter les anniversaires de ses proches, et elle m’a répondu que oui.
Cela me fait aussi plaisir de participer aux événements qui ponctuent la vie de mes proches et je me sens choyée quand ils se joignent à moi pour marquer une étape importante de ma vie. Par exemple, cela m’a fait chaud au cœur quand mes amis et collègues sont venus aux funérailles de mes parents.
L’être humain est programmé pour la connexion, que ce soit sur le plan biologique ou spirituel. J’ai besoin de me sentir connectée à moi-même pour me sentir complète. J’ai également besoin de me sentir reliée aux autres. Quand on se sent séparé de soi-même et des autres, on dit qu’on est aliéné. Pour ne pas ressentir le vide et l’anxiété, on a tendance à se réfugier dans une substance, un comportement ou à se donner l’illusion d’être connecté grâce à la technologie.
Chaque jour, je prends du temps pour l’introspection et pour entretenir mes relations avec mes proches. Je prends également du temps chaque jour pour ressentir, donner et recevoir l’amour qui nourrit ma vie !
Caro
Pour aller un peu plus loin...
Le jour où les liens se tissent pp. 16-17





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