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Reconnaître le pire de moi et donner la parole au meilleur de moi.

  • lespetitsmotsdecar
  • 2 juin 2024
  • 5 min de lecture

Entendu dans une conférence


champignons

Reconnaître le pire de moi et donner la parole au meilleur de moi. Comme je ne peux changer que ce que je vois, c'est un pas dans le rétablissement. Je dois cependant me rappeler mes qualités et les utiliser comme un levier pour grandir.


En faisant un inventaire de ma vie, il y a une vingtaine d’années, j’ai découvert certains défauts que je ne soupçonnais pas trouver chez moi. Cela a fragilisé l’image que je me faisais de moi. Celle que j’avais esquissée pour me protéger. Je croyais que je devais garder la tête haute, aller chercher de la reconnaissance et ne pas me faire prendre en défaut.


J’ai ressenti beaucoup de tristesse pendant un certain temps et j’ai vécu une période pendant laquelle j’ai manqué d’énergie et de motivation. Comme si j’avais fait tout ça en pure perte, comme si cette ombre au tableau de ma vie venait assombrir tout ce que j’avais de bon.


Mon médecin m’a expliqué que le perfectionnisme était un déclencheur de dépression. En effet, à trop vouloir être la mère, la conjointe, l’enseignante et l’amie parfaite, avec un rétablissement parfait, j’en faisais trop, je m’éparpillais et j’avais l’impression de ne rien faire d’assez bien.


Il m’a prescrit deux semaines de repos avec une psychothérapie et m’a dit que si ça ne suffisait pas, on envisagerait les antidépresseurs. Ma psychologue m’a fait comprendre que s’il y avait de l’ombre en moi, c’est qu’il y avait aussi de la lumière.


Cela m’a redonné espoir et j’ai remonté la pente. À l’école, une directrice m’a déjà dit que j’étais comme le Samouraï, fidèle au proverbe japonais : « Le succès, c’est tomber sept fois et se relever huit. » C’est aussi ce que Boris Cyrulnik appelle la résilience.


Il y a cinq ans, j’ai refait un autre inventaire dans lequel j’ai relevé une dizaine de défauts qui nuisaient à ma sérénité et à mes relations. En m’inspirant d’une lecture j’ai fait un rituel dont j’ai déjà parlé dans un de mes premiers textes Arroser les fleurs, pas les mauvaises herbes.


J’ai fait la liste des défauts dont je voulais être libérée. Avec un crayon non toxique,  je les ai recopiés sur des craquelins que j’ai donnés aux bernaches. J’ai ensuite semé des graines en les identifiant avec dix qualités. Celles-ci correspondaient à l’opposé des défauts que j’avais jetés aux bernaches. En focussant sur ces qualités, j’ai pu faire fleurir le meilleur de moi.


Reconnaître le pire de moi m’a permis d’acquérir plus d’honnêteté, d’acceptation et d’humilité. Le compost enrichit la terre et nourrit les racines de l’arbre, ce qui permet d’obtenir un arbre plus solide et des fruits plus sains. De la même façon, mon expérience m’a fait grandir et m’aide à faire preuve de plus de bienveillance et de compassion pour servir les autres.


D’autres qualités que je cultive dans mon jardin ; la discrétion, la patience, le lâcher-prise, la générosité et la foi aident au dégonflement de mon ego. Je ne ressens plus le besoin d’avoir raison, ni de dire tout ce que je pense. Cela me permet de donner la parole au meilleur de moi-même.

Caro



Pour aller un peu plus loin...



Voici des extraits d’une conférence d’un organisme sur l’écologie humaine  :


flexion sur le thème « grandir »

« Pierre-Yves Gomez parle de grandir en humanité. Jean Vanier parle de grandir en amour. Ce thème de grandir est pour moi très important parce que c’est à la fois un but et un chemin. Grandir, c’est aussi devenir libre : quand on est grand, au lieu de subir, on agit. Grandir, c’est une question qui se pose tout le temps, à tout âge. Grandir, c’est une façon d’aller soit vers Dieu, pour les croyants, soit vers soi. »


E.B. : « En ce qui concerne la croissance, il est important de se poser quelques questions : grandir vers quoi ? Grandir pourquoi ? Le fruit permet la semence en vue d’une reproduction de l’arbre. Autrement dit, à travers la notion de fruit, c’est la notion de fécondité qui apparaît. Les racines qui nous nourrissent et nous font grandir existent en vue d’une certaine fécondité. C’est cela qu’il faut arriver à identifier dans une vie humaine, dans une civilisation, dans un pays : quelle est la fécondité ? On voit bien que, pour un arbre, la fécondité est la capacité à donner à un autre le meilleur de soi-même. Je ne sais pas quelle est la fécondité d’un pays précisément, mais sur le principe, c’est l’idée de pouvoir donner, quand on est Homme, quand on est peuple, à d’autres, le meilleur de soi-même. Grandir pour pouvoir donner le meilleur de soi-même. »


T.D. : « Grandir, c’est aussi parfois diminuer. Je trouve intéressant de regarder en nos racines non seulement ce que l’on a reçu par notre histoire, nos enracinements géographiques, les lieux de notre ressourcement mais également ce que l’on a de cassé, de vulnérable, d’abîmé ; nos échecs. Je pense que dans nos racines, il y a beaucoup de choses de l’ordre de l’humiliation – qui vont pouvoir donner une fécondité – mais aussi expliquent certaines de nos attitudes, de nos ressorts, de nos capacités à croître. A l’instar de l’iceberg qui est posé sur une partie invisible, souterraine et ténébreuse, il me semble que nous aurions avantage à examiner ce qu’il y a de noir dans nos racines et qui nous aide peut-être, bien davantage que nous ne pourrions l’imaginer, à devenir ce que nous sommes et à nous humaniser. »

 

Comment nous ressourcer quand la famille nous empêche d’avancer ? La case famille est-elle obligatoire pour nous enraciner ?

PY. G. : « Les racines ne nous arrêtent pas. Les racines ne nous rassurent pas. Très souvent, on se dit qu’il faut que l’on retrouve nos racines. Comme les racines chrétiennes de l’Europe, par exemple. Or, il ne s’agit pas de retrouver ses racines, il s’agit de se nourrir de ses racines. Les racines, c’est ce qui nous alimente et s’il faut les retrouver, c’est toujours en se demandant en quoi elles nous ressourcent. Ainsi, évidemment, la racine « famille » n’est pas obligatoire, elle est source de vie. En quoi est-elle source de vie ? Toujours bien se poser la question : qu’est-ce qui, à partir de cette racine, me rend plus moi-même, me fait grandir ?

Quand l’autruche met sa tête dans le sable, elle ne s’enracine pas, elle se cache. S’enraciner n’est pas s’immobiliser. S’enraciner, c’est pour du « plus », parce que l’on découvre comment la sève passe par nos racines. »

Assumons qu’il y ait une libération consciente, assumée, des avanies familiales. Nous avons le droit de récuser certaines choses qui, ce faisant, ne nous empoisonnent plus. »


PY. G. : « Comme il y a des branches mortes, il faut accepter de considérer qu’il y a des racines mortes. Certaines racines ne sont plus que des souches mortes. Tout ce qui est passé n’est pas nécessairement racine. »


E.B. : « Pour montrer que les difficultés ne sont pas un obstacle à la croissance, on peut citer quelques études réalisées autour de la résilience. Et notamment des études faites sur des populations d’étudiants du Rwanda, qui ont connu des atrocités, de Roumanie, du Québec ou de France. Et on a pu constater que c’est en France qu’il y a le taux de résilience le plus faible. La résilience, c’est la capacité à surmonter un échec. Certaines personnes qui ont vécu des choses difficiles ont cette capacité à se relever et d’autres, qui ont peut-être été moins habitués à vivre des chocs, ont moins cette capacité à rebondir. Ces études en psychologie ont montré qu’en aucun cas, ces choses noires que nous avons évoquées ne sont un obstacle à la croissance. »


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